Arrivée des arpenteurs fédéraux au Manitoba

11 octobre 1869 –

Après avoir été cantonné aux rivages du fleuve Saint-Laurent et des grands lacs, le Canada cherche à étendre son territoire vers l’Ouest, imitant en cela son voisin du sud.

Ce rêve d’expansion se réalise en partie en mars 1869, quand la Compagnie de la Baie d’Hudson accepte de vendre la Terre de Rupert et les Territoires du Nord-Ouest au pays nouvellement fondé.

Non seulement les habitants des diverses colonies peuplant ces territoires n’ont pas pu se prononcer sur cette transaction, on omet carrément de les informer de la vente. On imagine leur surprise quand surgissent, en octobre de la même année, des équipes d’arpenteurs fédéraux qui viennent jalonner et cadastrer les terres pour tracer les frontières des nouvelles provinces et lotir les colons qui ne manqueront pas d’affluer.

Les Métis de Rivière Rouge qui craignent pour leur mode de vie et leur statut juridique s’empressent de créer le Comité national des Métis, présidé par un certain Louis Riel. On parvient ainsi à mettre un frein au zèle des arpenteurs. Le Conseil se forme ensuite en gouvernement provisoire afin de décider ou non de joindre la Confédération sous le nom d’Assiniboia.

Après d’âpres négociations menées de main de maître par le jeune Riel avec la Compagnie de la Baie d’Hudson et le gouvernement fédéral, le Manitoba fait officiellement son entrée dans la fédération en mai 1870. Plusieurs anglophones garderont un profond ressentiment envers le coup de maître du chef Métis qui a ainsi réussi à fonder une province bilingue à l’ouest de l’Ontario. C’est le début d’une longue cabale contre le fondateur du Manitoba qui connaîtra son terme avec sa pendaison en 1885.

Pour en savoir plus :

Acte concernant le gouvernement provisoire de la Terre de Rupert et du Territoire du Nord-Ouest après que ces territoires auront été unis au Canada [Sanctionné le 22 juin, 1869], en ligne.

T.D. Regehr et Eli Yarhi, « Loi des terres fédérales », L’Encyclopédie canadienne, en ligne.