Création d’Option Canada pour financer la campagne du NON

 

Option Canada, un organisme fondé le 7 septembre 1995, juste avant
le déclenchement de la campagne référendaire québécoise, permet de
faire transiter en trois mois quelque cinq millions de dollars du ministère
du Patrimoine canadien vers la cause de l’unité canadienne – donc vers
la campagne du Non –, alors que les fonds dépensés par les camps du Oui
et du Non sont assujettis aux plafonds de la Loi sur la consultation populaire.

Le premier objectif d’Option Canada, dont le siège social est à Montréal,
est de « promouvoir et faire avancer l’unité canadienne par tous les
moyens légaux, politiques ou autres ». Or, au terme d’une enquête de
16 mois commandée par le Directeur général des élections du Québec,
l’ex-juge Bernard Grenier conclut qu’au moins un demi-million de dollars
ont été dépensés illégalement par l’organisme durant la campagne
référendaire.

Ces dépenses s’ajoutent à celles du « Love-in » du 27 octobre, soit trois
jours avant le référendum. Ce jour-là, près d’une centaine de milliers de
Canadiens de toutes les provinces convergent vers Montréal pour exhorter
les Québécois à rester membres de la fédération canadienne. Leurs
frais de transport et de subsistance, couverts presque entièrement par des
entités de l’extérieur du Québec, ne seront jamais comptabilisés dans les
dépenses du camp du Non.

Cela n’épuise pas la liste des tactiques malhonnêtes d’Ottawa, comme
en font foi les audiences de la commission Gomery sur l’utilisation, entre
1997 et 2003, de fonds fédéraux pour accroître la visibilité du gouvernement
du Canada par l’entremise d’un programme d’activités publicitaires
et de commandites d’événements sportifs et culturels au Québec. Une
partie de ces fonds a été détournée au profit du Parti libéral du Canada et
de certains de ses officiers.

 

Pour en savoir davantage :
« Les secrets d’Option Canada », La Presse, le 10 janvier 2006, p. A5.
Me Benoît Grenier, Rapport d’enquête au sujet des activités d’Option Canada à l’occasion du référendum tenu au Québec en octobre 1995, le 25 mai 2007, en ligne.