Création du Bloc Populaire contre la conscription

Le 8 avril 1942, le gouvernement libéral de Mackenzie King demande par référendum à tous les Canadiens de le délier de sa promesse faite aux Québécois de ne pas imposer la conscription militaire. Sans surprise, 80% des électeurs du Canada anglais acceptent, tandis qu’au Québec, 71,2% des électeurs (85% chez les francophones) refusent.

Plusieurs jeunes intellectuels se mobilisent alors autour d’Henri Bourassa, dans la campagne du NON et au sein de la Ligue de Défense du Canada, dont Jean Drapeau, Gérard Filion et André Laurendeau. Le 8 septembre 1942, le député Maxime Raymond claque la porte du Parti Libéral du Canada et fonde un parti politique regroupant les opposants à la conscription, le Bloc Populaire Canadien. Raymond exige alors «que cesse à Ottawa ce régime d’humiliation qui contraint les Canadiens français au rôle de protestataires perpétuels pour la défense de leur langue, pour l’obtention de leur part légitime d’emplois dans l’administration, pour leur propre expression d’opinion.»

Adoptant comme devise Le Canada aux Canadiens, le Québec aux Québécois, le mouvement devenu parti politique agira jusqu’en 1947 sur les fronts québécois et canadien afin de défendre une politique autonomiste et les intérêts de la classe ouvrière canadienne-française. Il parvient à faire élire quatre candidats aux provinciales de 1944 et deux candidats aux fédérales de 1945.

Pour en savoir plus :
Craig Brown, Histoire générale du Canada, Boréal, Montréal, 1990, p. 559 à 563.
« Le Bloc Populaire Canadien », Le Devoir, 12 octobre 1942.