Espionnage du mouvement souverainiste au Québec : la GRC blamée…

Le 25 août 1981, la version définitive du rapport de la Commission d’enquête sur certaines activités de la Gendarmerie royale du Canada est rendu publique. Après trois années de consultation et d’enquête, la commission MacDonald fait la liste des infractions commises par les services de renseignements canadiens.

Le rapport démontre que, durant la première moitié des années 1970, la GRC a entrepris une campagne très «active» en vue de recueillir des renseignements sur le mouvement souverainiste. Des informateurs ont été embauchées; de faux communiqués ont été émis (19 décembre 1971); une grange a été incendiée à Sainte-Anne-de-la-Rochelle (nuit du 8 au 9 mai 1972); une liste de membres du Parti québécois a été volée (nuit du 8 au 9 janvier 1973). Ces opérations bafouent les libertés les plus fondamentales et les règles élémentaires de la démocratie.

L’une des recommandations du rapport, mise en oeuvre par le gouvernement fédéral, est de créer le Service canadien du renseignement de sécurité, un service civil, indépendant de la GRC.

Si cette commission fédérale ne blâme aucun décideur politique, elle montre qu’aux lendemains de la crise d’Octobre le gouvernement canadien a fermé les yeux sur les pratiques de la GRC en vue d’obtenir plus d’informations privilégiées sur le mouvement souverainiste québécois.

Pour en savoir plus :
Bureau du Conseil privé, La Commission d’enquête sur certaines activités de la Gendarmerie royale du Canada sur certaines activités de la GRC et la connaissance qu’en avait le gouvernement – troisième rapport, Ottawa, août 1981, 3 volumes, 188, 182 et 183 p.