Expropriations du Vieux-Hull

L’Autre 150e était de passage en Outaouais ce matin afin de souligner le 48e anniversaire des expropriations du Vieux-Hull.

Voici le communiqué émis suite à notre passage:

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Expropriations dans le Vieux-Hull
UNE DÉCISION QUI A FAIT DISPARAÎTRE DES ÉDIFICES PATRIMONIAUX ET BOULEVERSÉ DURABLEMENT LA VIE DE QUARTIER DE TOUT UN SECTEUR DE HULL

Gatineau, le 20 mai 2017 – Aujourd’hui, à Gatineau, l’Opération 150e anniversaire de la fédération canadienne a souligné le 48e anniversaire de l’annonce surprise de Pierre Elliot Trudeau concernant l’expropriation de centaines de familles habitant le Vieux-Hull afin d’y construire un vaste complexe d’édifices fédéraux. En compagnie de l’historien Roger Blanchette, du chercheur en histoire et auteur Raymond Ouimet, bien connus dans la région et spécialistes de la question, ainsi que de Paulette Beaudry, une citoyenne ayant elle-même vécu cette expropriation sauvage et qui s’est battue aux côtés de ses voisines et voisins pour obtenir réparation, le co-porte-parole de L’Autre 150e, le rappeur Rod le Stod, a commémoré cette triste décision du gouvernement fédéral.

« Depuis la Révolution tranquille et la montée du sentiment national québécois, le gouvernement fédéral cherchait désespérément à accroître sa visibilité auprès des Québécoises et des Québécois. L’aménagement du parc des plaines d’Abraham, à Québec, et du Vieux-Port de Montréal en sont deux exemples éloquents. Mais c’est à Ottawa et autour de la capitale fédérale que cette volonté sera la plus manifeste. La décision unilatérale du gouvernement Trudeau – d’expulser des centaines de familles de leur logis afin de construire des édifices gouvernementaux – s’inscrit en ligne directe avec cette intention d’accroître la visibilité fédérale au Québec. Le Vieux-Hull était un milieu de vie pour des milliers d’ouvriers, avec ses petits commerces, ses tavernes et ses terrains de jeu. Si les travailleurs chassés de chez eux ont cru, un temps, pouvoir au moins profiter des emplois annoncés, la plupart seront comblés par des professionnels venus de l’extérieur, renforçant ainsi l’impression des gens d’ici de s’être fait avoir », de déclarer M. Blanchette.

« Pour les familles du Vieux-Hull, qui apprenaient en même temps que tout le reste du Canada qu’elles allaient bientôt tout perdre, cette décision était insensée, insensible et complètement incompréhensible! Je me rappelle le désarroi de ma famille, de mes voisins, qui ne comprenaient pas pourquoi le gouvernement s’en prenait à leur chez-eux… Avec la collaboration de l’Église de Hull, une démarche collective a été mise en œuvre afin d’expliquer à quel point cette décision arbitraire nous affectait et de trouver des compromis, des aménagements, mais en vain : la décision était prise et nous ne pûmes rien y faire… », s’est quant à elle souvenue Mme Beaudry.

« Entre la fin des années soixante et celle des années soixante-dix, une frénésie destructrice a conduit l’élite politique et affairiste à démolir à Hull, principalement dans les vieux quartiers, environ 1600 logements dans le cadre d’un programme curieusement appelé « rénovation urbaine », et ce, au nom des nouveaux dieux : le progrès et l’unité nationale. Pour ce faire, au-delà de 6000 personnes ont été chassées de leur logis », de conclure M. Ouimet.