Fin de la crise du verglas

Le 8 février 1998, le Québec sort finalement du pire désastre climatique
de son histoire : une tempête de pluie verglaçante qui dura plusieurs
jours et laissa par endroits jusqu’à 100 millimètres de verglas. Sous
le poids de cette glace, le réseau électrique s’effondre : 17 000 pylônes et
poteaux s’abattent, privant d’électricité 4 millions de Québécois, dont
certains durant des semaines entières. Dans un élan de solidarité sans
précédent, des bénévoles se mobilisent, mettant sur pied des refuges et
parcourant les villes et les villages pour secourir les plus vulnérables.
Chaque soir, le premier ministre Lucien Bouchard et le président
d’Hydro-Québec rassurent la population et la tiennent informée des
progrès des opérations de rebranchement. Reste que le bilan est déplorable
: 28 vies perdues, une économie en panne dans plusieurs régions et
des coûts totaux de 5,4 milliards de dollars.

En guise de soutien à la population affligée, le gouvernement fédéral
déploie l’armée canadienne au sud du Québec, mais refusera ensuite
d’acquitter la facture de 421 millions de dollars présentée par le gouvernement
du Québec. Pourtant, le Canada avait auparavant assumé sa part
pour des désastres analogues survenus à Terre-Neuve et au Manitoba.
« C’est qu’après avoir dédommagé ces deux provinces-là, le gouvernement
fédéral a changé les règles et refuse donc d’indemniser Hydro-Québec »,
expliquera plus tard la ministre libérale des Finances, Monique Jérôme-
Forget, au journaliste du Soleil (7 avril 2009). « Nous autres, on n’a pas
comme munitions “On se sépare”. On n’a pas ça comme munitions, alors
vous comprendrez qu’on négocie. »

Pour en savoir plus :
LEE, Deborah, et autres, « La tempête de verglas », SOS ! Les catastrophes au
Canada, 5 janvier 1998, [en ligne].
LAVOIE, Gilbert, « J’aurais voulu être une… péquiste », Le Soleil, 7 avril 2009, p. 7.