Fondation de la chambre de commerce de Montréal

Pas tous nés pour un petit pain ! Le 2 février 1887, des hommes d’affaires canadiens-français fondent la Chambre de commerce de Montréal

En 1886, un groupe d’hommes d’affaires francophones de Montréal décident de fonder une chambre de commerce distincte de la Montreal Board of Trade, au service de la grande bourgeoisie anglophone depuis 1842. La cotisation est fixée à trois dollars… par année !

L’événement montre qu’à la fin du 19e siècle, il existe bel et bien une bourgeoisie canadienne-française qui refuse de baisser les bras. Ces hommes d’affaires sont actifs dans l’industrie, l’immobilier, le commerce, la finance. Ils ont leurs propres journaux : le Moniteur du Commerce et le Prix courant, fondés respectivement en 1881 et en 1887. Par cette activité économique, ils luttent à leur façon contre l’exil de leurs compatriotes vers les États-Unis. L’une de leur première revendication ? La création d’une école de commerce… Ce sera chose faite en 1907.

En 1890 et 1891, Damase Parizeau préside la Chambre de commerce de Montréal. Son arrière-petit-fils sera premier ministre du Québec. En 1906, c’est un certain Carlo Onorato Catelli, un membre en vue de la jeune communauté italienne de Montréal, qui agit comme président.

Source :

Paul-André Linteau, « Quelques réflexions autour de la bourgeoisie québécoise, 1850-1914 », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 30, n° 1, 1976, p. 55-66. https://www.erudit.org/revue/haf/1976/v30/n1/303509ar.pdf

Fernande Roy, Progrès, harmonie, liberté. Le libéralisme des milieux d’affaires francophones à Montréal au tournant du siècle , Montréal, Boréal, 1988.