Inauguration de la Maison du Québec à Paris

En octobre 1961, deux volontés se croisent à Paris. D’une part, celle de l’État français, dirigé par le grand Charles de Gaulle. Le chef de la France libre lors de la Deuxième Guerre mondiale souhaite que son pays redevienne une puissance reconnue et influente. Il envisage alors de rendre les Algériens maîtres de leur destin. De Gaulle se fait bientôt le champion de l’autodétermination des peuples et critique les prétentions impérialistes de certains États. Il souhaite également que la France renoue avec les peuples de langue et de culture française et développe avec eux une collaboration plus étroite.

L’autre volonté est celle d’un nouveau Québec, qui émerge à la suite de l’élection de l’Équipe du tonnerre, le 22 juin 1960. Le nouveau premier ministre Jean Lesage est très clair : finie la survivance, vivement l’affirmation du Québec ! C’est dans cet esprit qu’il se rend à Paris pour inaugurer la Maison du Québec, le 5 octobre 1961. Grâce au concours de l’État gaulliste, cette institution gagnera, dans les faits, le statut d’une ambassade – elle sera transformée en « Délégation générale » en 1964.

Jean Lesage et les ministres qui l’accompagnent bénéficient d’ailleurs d’un accès direct au pouvoir français. Le premier ministre québécois est reçu à l’Élysée et a droit à un entretien privé avec le chef de l’État français. Cette visite importante marque l’entrée du Québec sur la scène du monde. Elle inaugure surtout une ère de coopération franco-québécoise très chaleureuse.

Pour en savoir plus :

Frédéric Bastien, Le poids de la coopération France-Québec, Montréal, Québec Amérique, 2006, 275 p.

Samy Mesli, La coopération franco-québécoise dans le domaine de l’éducation. De 1965 à nos jours, Québec, Septentrion, 2014, 376 p.

Musée québécois de la culture populaire, « L’ouverture de la Délégation générale du Québec à Paris », en ligne.