« Just watch me… » – Pierre Élliott Trudeau

La crise d’Octobre commence par l’enlèvement de l’attaché commercial de la Grande-Bretagne, James Richard Cross, le 5 octobre 1970, par la cellule Libération du Front de libération du Québec (FLQ).

Elle prend un tournant particulièrement dramatique le 10 octobre, lorsque la cellule Chénier enlève, devant son domicile familial, Pierre Laporte, alors vice-premier ministre du Québec.

Durant les heures qui suivent l’événement, le gouvernement québécois de Robert Bourassa se barricade à l’hôtel Reine Élisabeth et les autorités envisagent toutes sortes de scénarios pour retrouver, sains et saufs, les deux otages du FLQ.

C’est dans ce contexte très chargé que, le 13 octobre, le journaliste Tim Ralfe de la CBC attrape le premier ministre canadien sur le parvis du Parlement, à Ottawa. Évidemment, le reporter le crible de questions.

Trudeau répond spontanément et de manière frondeuse, ce qui n’est rien pour calmer les esprits. « Jusqu’où serez-vous prêt à aller ? […] Jusqu’au retrait des libertés individuelles ?» demande le journaliste. La réponse du premier ministre passe à l’histoire : « Just watch me » !

La riposte du pouvoir fédéraliste vient dans la nuit du 15 au 16 octobre 1970, lorsqu’il décrète la Loi sur les mesures de guerre… Dans les heures suivantes, plus de 500 personnes seront emprisonnées sans mandat.

Pour en savoir plus :

CBC Archives: « Just Watch Me », en ligne sur You Tube.

Sébastien Campeau, L’intervention militaire en octobre 1970 et la loi sur les mesures de guerre : modalités et réactions, Montréal, Université du Québec à Montréal, Maîtrise en histoire. 2009, 154 p.