Le Canada impose une taxe d’entrée aux immigrants chinois

Au début des années 1880, le projet de construction du chemin de fer du Canadien Pacifique demande la disponibilité d’une main-d’œuvre imposante et peu qualifiée. Beaucoup d’hommes de partout en Amérique font le voyage vers l’Ouest, mais également près de 15 000 Chinois bravent les flots de l’océan Pacifique à la recherche d’une vie meilleure.

Leur arrivée massive ne se fait pas sans heurts alors que la peur s’installe parmi les Canadiens devant l’explosion des demandes d’immigration de ressortissants chinois. John A. Macdonald tente de juguler cet afflux et commande une Commission royale sur l’immigration chinoise. Le 20 juillet 1885, le gouvernement dépose l’Acte de l’immigration chinoise et impose une taxe d’entrée au pays de 50$, soit un montant cinq fois plus élevé que ce qui était recommandé dans le rapport de la commission. Cette discrimination sur la base de l’origine ethnique est une première au Canada.

À cette époque, ce montant équivaut à quatre mois de salaire et l’ouvrier moyen, après avoir acquitté l’ensemble de ses frais de subsistance pouvait parvenir à économiser 43$ par année. Ce montant étant difficilement atteignable, il freina, pour un temps, l’arrivée massive d’immigrants chinois.

Au fur et à mesure que les salaires augmentent – et par le fait même le nombre de demandes d’immigration – la taxe d’entrée grimpe à 100$, puis à 500$. En 1902, la Commission royale sur l’immigration chinoise et japonaise conclut même que ceux-ci « ne sont pas dignes de la citoyenneté entière, qu’ils sont nuisibles à une collectivité libre et dangereux pour l’État ». Rien de moins. Si cette loi est remplacée en 1923 puis abrogée en 1947, le stigmate est demeuré pour de nombreuses générations qui demandèrent et obtinrent des excuses officielles du gouvernement du Canada en 2006.

Pour en savoir plus :
http://archives.radio-canada.ca/societe/immigration/dossiers/1591/