Le fédéral détourne les surplus de la caisse d’assurance-emploi

En 1994, le gouvernement canadien de Jean Chrétien entreprend de diminuer le montant des prestations d’assurance-chômage, qui passent de 60% à 55%, de raccourcir la durée des prestations et de prolonger la durée minimale de travail qui y donne droit par toutes sortes de restrictions. Par exemple, on calcule désormais le nombre d’heures plutôt que de semaines travaillées, désavantageant ainsi les travailleurs à temps partiel, dont les deux tiers sont des femmes, et on cible les chômeurs saisonniers, particulièrement nombreux en région au Québec.

Résultat, les sommes versées en prestations diminuent drastiquement, tandis que les cotisations des travailleurs demeurent au même niveau. Entre 1994 et 2007, les contributions au programme d’assurance-emploi sont largement supérieures aux prestations, ce qui permet à Ottawa de dégager d’énormes surplus de 52 milliards en 13 ans, des surplus que le gouvernement fédéral va détourner pour financer ses autres activités, dont éponger son déficit. Entre-temps « l’assurance-chômage » devient « l’assurance-emploi ». Elle n’a cependant plus rien d’une assurance, puisqu’elle ne permet plus d’indemniser que 40% des chômeurs qui sont désormais soumis à toutes sortes de contraintes et de restrictions.

Claude Picher, « Le gâchis de l’assurance-emploi », La Presse, 27 février 2010. http://affaires.lapresse.ca/…/01-4255769-le-gachis-de-lassu…
Conseil national des chômeurs et chômeuses, Face à un régime plus inéquitable que jamais, le Québec doit agir, Mémoire présenté devant la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi. Montréal, 4 juillet 2013. http://lecnc.com/…/face-a-un-regime-plus-inequitable-que-j…/