Le français proscrit en Saskatchewan

En 1905, les lois adoptées par le gouvernement fédéral pour créer la
Saskatchewan et l’Alberta reconduisent une partie de la protection dont
jouissaient les francophones sous la loi des Territoires du Nord-Ouest.
Dès lors, le gouvernement provincial de la Saskatchewan ne cesse de
réduire le statut du français et notamment la possibilité de recevoir un
enseignement en français. En 1918, pour punir les francophones de leur
opposition à la conscription, le gouvernement libéral de William Martin
durcit la loi et limite l’enseignement en français au primaire à une heure
par jour dans les écoles publiques.

Une résurgence du sentiment antifrançais à la fin de la décennie 1920
engendre de nouveaux obstacles pour les pédagogues francophones. Le
Ku Klux Klan, fraîchement formé dans la province, mène une campagne
contre la création d’une école normale bilingue qui assurerait la formation
du personnel enseignant et réussit à faire échouer le projet en 1927.

Puis, le gouvernement conservateur de James Thomas Milton
Anderson adopte, le 9 mars 1931, une nouvelle loi scolaire. Celle-ci interdit
l’enseignement en français pendant les heures normales de classe et
rend illégal tout brevet qui n’a pas été obtenu en Saskatchewan : il est
désormais impossible pour des enseignants québécois d’aller exercer leur
profession dans cette province.