Le maire de Montréal est arrêté par la GRC

Le 5 août 1940, le populaire maire de Montréal, Camilien Houde, est arrêté par la GRC et emprisonné durant quatre ans dans un camp d’internement pour avoir incité ses concitoyens à refuser l’enregistrement obligatoire, premier pas selon lui vers la conscription. Après avoir été interrogé, et refusant de récuser ses propos, le maire Houde est enfermé au camp de Petawawa en Ontario. Il y subira des mois de travaux forcés aux côtés de détenus nazis et d’espions présumés. Le seul contact avec le monde extérieur qui lui est alors permis est une correspondance avec sa femme, d’ailleurs espionnée par la police militaire.

En 1941, il est transféré au camp de Fredericton où il peut enfin recevoir la visite de membres de sa famille. Lors du plébiscite d’avril 1942, les craintes formulées par Camilien Houde se confirment puisque le gouvernement fédéral met alors en branle le processus devant mener à la conscription. Houde devint ainsi un symbole de résistance pour des milliers de Québécois insultés que l’armée canadienne emprisonne un des plus illustres d’entre eux sur la seule base de ses opinions. Il est donc reçu en héros par 20 000 supporters à son retour à Montréal, le 18 août 1944. Quelques mois plus tard, il est triomphalement réélu maire de Montréal.

Sources :
Guy Bouthilier, « Camilien Houde et la conscription maudite », Le Devoir, 17 juillet 2017.
http://www.ledevoir.com/…/camillien-houde-et-la-conscriptio…
Grenon, Hector, Camillien Houde, Stanké, Montréal, 1979.