Le Québec se retire de 29 programmes conjoints fédéraux-provinciaux

Le 20 avril 1964, le Québec se retire de 29 programmes conjoints fédéraux-provinciaux

Après la Deuxième Guerre mondiale, sous les premiers ministres King et Saint-Laurent, le gouvernement fédéral voulait centraliser les impôts directs et les programmes sociaux entre ses mains. La résistance du Québec sauva la mise. Ottawa changea alors de stratégie : utilisant son pouvoir de dépenser, il créa des programmes conjoints dans les champs de compétence provinciale, c’est-à-dire des programmes cofinancés par Ottawa, mais administrés par les provinces. C’est ainsi que le fédéral commença à orienter la manière dont les provinces allaient s’acquitter de leurs responsabilités.

Dans la foulée des combats de Duplessis pour protéger l’autonomie fiscale des provinces, Jean Lesage réclama à plusieurs reprises que plusieurs de ces programmes conjoints fussent abandonnés et que les provinces puissent recevoir sans condition le financement qui y était consacré. Le 20 avril 1964, le premier ministre fédéral Lester B. Pearson, qui était à la tête d’un gouvernement minoritaire, annonça qu’il acceptait le principe que les provinces qui le désiraient puissent se retirer de certains de ces programmes. Lesage retira le Québec de 29 programmes conjoints avec compensation, consacrant l’argent aux priorités du Québec, alors les autres provinces préférèrent continuer avec le modèle d’Ottawa.
Après le départ de Pearson, Pierre Elliott Trudeau décréta « C’est fini les folies ». L’ère du fédéralisme coopératif n’aura duré qu’un temps.

Pour en savoir plus :
Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes, « Déclaration de Jean Lesage, le 31 mars 1964 (extrait) », https://www.saic.gouv.qc.ca/…/p…/partie2/JeanLessage1964.pdf
Archives de Radio-Canada, « Jean Lesage et les demandes du Québec », http://archives.radio-canada.ca/emissions/29-2110/page/1/