Le « Samedi de la matraque »

10 octobre 1964

On se souvient surtout du passage d’Élizabeth II à Québec, le 10 octobre 1964, comme du « Samedi de la matraque ». C’est ainsi que Le Soleil titre son article au lendemain des évènements, et le nom demeure.

Planifiée dans le cadre de la commémoration du centenaire de la conférence de Québec, qui devait mener à la Confédération de 1867, la visite royale est perçue par plusieurs comme un insupportable relent de colonialisme. La protection de la souveraine nécessitera d’ailleurs les forces combinées de la GRC, de la SQ, de la police municipale de Québec et de l’armée canadienne. En tout, environ 4 700 hommes.

Malgré l’arrestation préventive de Pierre Bourgault, le chef du RIN ayant lancé la veille un appel à la manifestation, quelques centaines de militants entreprennent de suivre le cortège en faisant du tapage. Ils seront sévèrement passés à tabac par la police. Même le très catholique journal L’Action ose parler de brutalité excessive de la part des forces de l’ordre.

« Frappant à bras raccourcis dans le tas, les policiers municipaux avaient reçu l’ordre de ne rien laisser passer […] les coups pleuvèrent [sic], non seulement sur les manifestants, mais aussi sur des jeunes femmes et sur des journalistes qui ont été volontairement empêchés de faire leur travail. » C’est notamment le cas du correspondant américain Mark Scheiler, matraqué et arrêté avant même de pouvoir montrer sa carte de presse. Au total, l’opération se solde par 32 arrestations et un nombre indéterminé de blessés.

Pour en savoir plus :

Ici.radio-canada.ca, « L’histoire du samedi de la matraque en deux parties : Première partie : Une émeute pour accueillir la reine – Deuxième partie : Il y a 50 ans, le samedi de la matraque », À rebours, en ligne.

Jacques Jobin, « la visite de la Reine Elizabeth II dans la capitale du Québec », L’Action, 12 octobre 1964.