Le Thornton Act interdit l’enseignement du français au Manitoba

 

Bien que le français ait cessé d’être une langue officielle de la législature
et des tribunaux du Manitoba en 1890, l’enseignement du français
et de la religion catholique continue d’être toléré au Manitoba. Le premier
ministre Thomas Greenway tente toujours d’abolir le réseau scolaire
bilingue, si bien que les franco-catholiques font pression sur le gouvernement
fédéral pour qu’il oblige la province à corriger le tir, comme le lui
permet la Constitution.

En 1896, le nouveau premier ministre canadien Wilfrid Laurier
opte plutôt pour « les voies ensoleillées » de la négociation. Le « compromis
Laurier-Greenway » stabilise la situation de l’enseignement en
français, mais certains fourbissent leurs armes et attendent leur heure,
car la majorité anglophone continue de réclamer un régime unilingue.

Vingt ans plus tard, le gouvernement libéral manitobain de Tobias
Crawford Norris reprend le combat contre le fait français dans l’Ouest.
Alors que le Canada est plongé dans l’une des guerres les plus meurtrières
de l’histoire et que certains militent déjà en faveur de la conscription, son
gouvernement fait adopter, le 10 mars 1916, la loi Thornton. Cette loi prévoit
l’interdiction de l’enseignement en français et l’embauche d’inspecteurs
pour la faire respecter. L’école normale française de Saint-Boniface, chargée
de former le personnel enseignant francophone, doit fermer. C’est désormais
en toute illégalité que certaines maisons d’éducation maintiendront
l’enseignement en français, en se cachant des autorités manitobaines.

 

Pour en savoir plus:

Reportage sur le centenaire de cette loi :
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/768772/interdiction-francais-ecoles-manitoba-loi-thornton-1916-education