Les forces indépendantistes s’unissent

27 octobre 1968 –

Depuis le milieu des années 1960, il est question, déjà d’une union des forces indépendantistes. Plusieurs mouvements coexistent et se font compétition. Parmi ceux-ci, le Ralliement National (RN), formé d’anciens créditistes, et le Rassemblement pour l’Indépendance Nationale (RIN), considéré comme plus à gauche. Ce dernier est un parti de masse, dirigé par un charismatique Pierre Bourgault que rien n’ébranle. Le RIN estdonc appelé à jouer un rôle de premier plan dans cette recomposition politique.

La défection de René Lévesque du Parti Libéral du Québec, en 1967, marque le début de l’union des forces indépendantistes. Voici un politicien connu, populaire, qui peut mener le mouvement indépendantiste aux portes du pouvoir. Il n’a cependant pas de véhicule politique et refuse de joindre le RIN. Lévesque lance, dans un premier temps, le Mouvement Souveraineté-Association, ou MSA, en novembre 1967, et tient à titre de chef des discussions tripartites avec le RN et le RIN pour une convergence des forces indépendantistes.

Après l’achoppement des discussions à trois, le RN décide de joindre le MSA et de former un nouveau parti, le Parti Québécois, les 12, 13 et 14 octobre 1968.

Devant l’enthousiasme suscité par le nouveau parti et le ralliement à titre personnel de nombre de ses militants au Parti Québécois, le RIN tient son dernier congrès les 26 et 27 octobre 1968. Un vote sur le sabordement se tient et le résultat est sans appel : 227 en faveur, 50 contre. Dans sa dernière lettre aux militants du RIN, Pierre Bourgault joint un coupon d’adhésion au PQ et annonce qu’il leur incombe désormais de continuer la lutte au sein de ce nouveau parti.

Pour en savoir plus :

Jean-Charles Panneton, Le gouvernement Lévesque tome 1 : De la genèse du PQ au 15 novembre 1976, Les éditions du Septentrion, 2016, 360 p.