Les libéraux du Québec s’opposent à la Confédération

L’historien Jocelyn Saint-Pierre nous fait part de révélations fracassantes… : le Parti libéral a déjà été conscient des limites du régime canadien.

En 1865, le Canada était formé de l’Ontario et du Québec, qui se nommaient alors Canada-Ouest et Canada-Est. Les libéraux du Québec s’appelaient « les Rouges » et firent la lutte à la « confédération ». De futurs premiers ministres libéraux tels qu’Honoré Mercier et Wilfrid Laurier y étaient également opposés.

Dans une série de manifestes et de discours, dont un fut prononcé le 7 mars, le chef des « Rouges », Antoine-Aimé Dorion, s’en prit tant au régime proposé qu’à la manière dont on entendait l’imposer. La nouvelle structure allait noyer davantage l’élément français, elle était une union législative déguisée et elle permettrait ultérieurement une plus grande centralisation encore : « Je dis que le parlement fédéral exercera le pouvoir souverain, car il pourra toujours empiéter sur les droits des gouvernements locaux. »
Le projet de réforme constitutionnelle élaboré à la Conférence de Québec l’automne précédent étant débattu à la chambre d’Assemblée du Canada-Uni en février et mars 1865 par des députés qui n’avaient pas été élus pour ce faire, Dorion demanda qu’il soit soumis au peuple. Non seulement John A. Macdonald refusa, mais il se garda même la possibilité de changer la future constitution après le débat, avant qu’elle ne soit adoptée par le parlement de Londres.

C’est grâce au soutien de George Brown (reconnu pour ses positions anticatholiques et son hostilité aux Canadiens français), chef du parti Clear grits de l’Ontario, que le conservateur ontarien Macdonald et son allié québécois George-Étienne Cartier eurent, le 10 mars, le soutien d’une majorité des députés de la Province du Canada en faveur des résolutions qui allaient donner naissance deux ans plus tard à la fédération canadienne.