L’identité canadienne dans la mission de Radio-Canada

Les années 1990 sont le théâtre d’une offensive sans précédent du gouvernement du Canada pour contenir le désir d’émancipation collective des Québécoises et des Québécois. Radio-Canada, Patrimoine Canada et le Ministère des Affaires étrangère sont mobilisés aux fins d’influencer la diffusion des idées.

Le 30 septembre 1991, alors que Meech s’effondre et que la fièvre indépendantiste explose, des lignes directrices sont adressées aux journalistes du diffuseur public, les incitant à trahir leur neutralité journalistique : « Les émissions d’affaires publiques doivent refléter le Canada comme nation et évoquer les avantages sociaux, économiques, culturels et politiques apportés à chacun d’entre nous, au fil des ans, par l’appartenance à la communauté canadienne. ».

Le 7 février 1997, les Affaires étrangères dévoilent de « Nouvelles lignes directrices pour la promotion de la culture canadienne à l’étranger », qui visent à « promouvoir le respect de la souveraineté canadienne et de l’unité nationale ». Ces lignes directrices sont destinées aux artistes bénéficiant de bourses attribuées par le Ministère.

Enfin, en juin 1999, le ministère du Patrimoine canadien exige que tous les ouvrages publiés grâce à l’aide gouvernementale contiennent, en pages liminaires, le « mot-symbole » Canada agrémenté de la feuille d’érable, soulevant l’ire du milieu du livre québécois, auteurs et éditeurs confondus.

Pour en savoir plus :

Mario Fontaine, « Radio-Canada se défend de transformer ses journalistes en propagandistes de l’unité canadienne », La Presse, le 4 octobre 1991, p. B-1

Stéphane Baillargeon, « L’empire contre-attaque », Le Devoir, le 21 février 1997, p. A1

Mario Roy, « Une guerre de drapeaux s’ouvre dans le livre », La Presse, 5 juin 1999, p. D12.