Le Québec: une frontière qui change au gré des vagues

Le Québec: une frontière qui change au gré des vagues

Le 1er Avril 1999, un nouveau territoire était instauré dans le Grand Nord : le Nunavut. Une vaste section des Territoires du Nord-Ouest passait donc sous la juridiction du nouveau gouvernement territorial d’Iqaluit. Le Nunavut héritait également d’une zone de friction avec le Québec. En effet, depuis le 3 avril 1912, la frontière septentrionale du Québec se termine à la rive. La norme en droit international est une frontière de 200 milles marins à partir de la ligne de base, et non la situation qui prévaut actuellement. Pour justifier cette frontière, le gouvernement fédéral invoqua alors des « raisons stratégiques ».

Le problème peut sembler anodin, mais il serait dangereux de le sous-estimer. Par exemple, un quai construit au Québec dans le cadre du Plan Nord ne serait plus sous la juridiction du Québec. Le Québec y perd également toute capacité de réglementer le trafic maritime au large de cette zone appelée à un intense trafic au fur et à mesure que le réchauffement climatique accélérera. Encore plus inédites, les centaines d’îles qui constellent le littoral québécois, et auxquelles on peut parfois accéder à pied à marée basse, sont donc sous la juridiction du Nunavut. Or, il s’agit des territoires de chasses des Premières Nations et des Inuits du Nunavik, au Québec.

Avec le transfert de ces îles au Nunavut sans renégociation, le gouvernement fédéral empêche encore le Québec de prendre en main une zone vitale à son avenir.