Loi fédérale sur les jeunes contrevenants: Québec réhabilite, Ottawa réprime

 

En matière de criminalité juvénile, les Québécois ont choisi de miser
sur la réhabilitation et la concertation. Ce modèle a été établi en 1977 par
la Loi sur la protection de la jeunesse et les centres jeunesse du Québec,
qui encouragent les contrevenants à terminer leurs études dans un environnement
contrôlé et sécuritaire afin de faciliter leur réintégration
sociale. Au Canada anglais, en revanche, s’exprime plutôt un fort courant
axé sur une justice punitive.

C’est la voie qu’emprunte le gouvernement de Jean Chrétien en 2001
en rendant passibles de peines pour adultes des jeunes d’à peine 14 ans,
ce qui « va tout à fait à l’encontre de la philosophie de réadaptation sociale
que le Québec a développée », selon le directeur général de l’Association
des centres jeunesse, Pierre Lamarche.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper va plus loin. Le
projet de loi C-10, adopté le 12 mars 2012, prévoit entre autres l’imposition
de peines minimales pour certaines infractions, limite le recours aux
peines avec sursis et rend plus sévère la justice pénale pour les adolescents.
La loi fédérale est ainsi dénoncée par un vote unanime à l’Assemblée
nationale du Québec. Par voie de communiqué, le ministre québécois de
la Justice précise ensuite qu’il a « toujours considéré que la nouvelle loi
contient des mesures qui nuisent à la prévention et à la réadaptation ».
Devant le virage répressif du Canada anglais, le Québec doit donc se plier
à la volonté du fédéral et renoncer à un modèle qui fonctionnait bien.

Pour en savoir plus: « Le projet de loi C-10 est adopté aux Communes par 154 voix contre 129 » http://ici.radio-canada.ca/nou…/553392/loi-c10-vote-communes

FOUCAULT, Pierre, « Cinq ans après : les effets bénéfiques de la Loi sur la protection de la jeunesse (Loi 24) », Santé mentale au Québec, vol. 9, n° 2 (1984), p. 88-93.