Olivar Asselin

Tous des déserteurs ? Le 21 janvier 1916, Olivar Asselin prononce un discours retentissant « Pourquoi je m’enrôle »…

La Première Guerre mondiale (1914-1918) a opposé des empires qui luttaient pour conquérir de nouveaux espaces en Europe. Contrairement à la Seconde Guerre, il ne s’agissait pas de combattre le nazisme, un Mal absolu, mais d’accroître sa puissance en mobilisant des sentiments de revanche. Pour nombre de Canadiens français, l’idée de servir l’Empire britannique, dans un corps expéditionnaire qui, jusqu’à la création du 22e régiment, ne faisait très peu de place au français, n’avait rien de très attrayante.

Plusieurs Canadiens français se sont portés tout de même volontaires pour secourir l’ancienne mère-patrie française, très affectée par cette longue guerre de tranchées. C’est le cas d’Olivar Asselin (1874-1937), journaliste de combat, cofondateur de la Ligue nationaliste, supporter d’Henri Bourassa, qui accepte de risquer sa vie par amour de la France, la terre des ancêtres.

Le 21 janvier 1916, devant une foule rassemblée au Monument National, il prononce un retentissant discours. « Sans doute, Mesdames et Messieurs, la France a pu quelquefois nous blesser par son indifférence. Mais parce que sans elle la vie française s’arrêterait en nous comme une eau qui gèle, bénissons-là quand même, défendons-là quand même ! C’est la lumière, c’est la chaleur, c’est la vie ! ». Il prend la tête du 163e bataillon, un corps d’élite formé exclusivement de Canadiens français.

Source :

Hélène Pelletier-Baillargeon, Olivar Asselin et son temps, tome 1. Le militant, Montréal, Fides, 1996, p. 659-705.

Charles-Philippe Courtois et Laurent Veyssière (dir.), Le Québec dans la Grande Guerre. Engagements, refus, héritages, Québec, Septentrion, 2015, 248 pages.