Olivar Asselin

La Première Guerre mondiale a opposé des empires qui luttaient pour
conquérir de nouveaux espaces en Europe. Pour la Grande-Bretagne, il
ne s’agissait alors pas de combattre un mal absolu, le nazisme, comme fut
le cas pendant la guerre qui suivit, mais d’accroître sa puissance en mobilisant
des sentiments de revanche. Pour nombre de Canadiens français,
l’idée de servir l’Empire britannique, dans un corps expéditionnaire qui,
jusqu’à la création du 22e Régiment, n’accordait que très peu de place au
français, n’avait rien d’attrayant.

Plusieurs d’entre eux se sont tout de même portés volontaires pour
secourir l’ancienne mère patrie française, très affectée par cette longue
guerre de tranchées. C’est le cas d’Olivar Asselin, journaliste de combat,
cofondateur de la Ligue nationaliste et disciple d’Henri Bourassa, qui
accepte de risquer sa vie par amour pour la France, la terre de ses ancêtres.

Le 21 janvier 1916, devant une foule rassemblée au Monument-
National, il prononce un retentissant discours.
Sans doute, Mesdames et Messieurs, la France a pu quelquefois
nous blesser par son indifférence. Mais parce que sans elle la vie
française s’arrêterait en nous comme une eau qui gèle, bénissons-la
quand même, défendons-la quand même ! C’est la lumière, c’est la
chaleur, c’est la vie !

Il prend la tête du 163e Bataillon, un corps d’élite formé exclusivement
de Canadiens français.

Pour en savoir plus :
PELLETIER-BAILLARGEON, Hélène, Olivar Asselin et son temps, tome 1 :
Le militant, Montréal, Fides, 1996, p. 659-705.
COURTOIS, Charles-Philippe, et Laurent VEYSSIÈRE (dir.), Le Québec dans la
Grande Guerre : engagements, refus, héritages, Québec, Septentrion, 2015.