Ottawa tente d’empêcher le Québec de participer à un sommet international

19 février 1968 : le Canada rompt ses relations diplomatiques avec le Gabon pour protester contre la présence du Québec à une conférence des pays francophones sur l’éducation

Après la décolonisation, la France a gardé des liens avec plusieurs de ses anciennes colonies. Chaque année, des conférences des ministres de l’éducation des États nouvellement indépendants avec le ministre français de l’éducation étaient organisés. En 1968, cette rencontre devait avoir lieu à Libreville au Gabon.

Parallèlement, la France tissait avec le Québec des relations directes et privilégiées dans le domaine de l’éducation et de la culture et, tout naturellement, l’idée d’inviter le Québec à participer à la conférence du Gabon a fait son chemin. Évidemment le Québec n’est pas un État souverain. Sauf que le gouvernement québécois prétendait que ses compétences intérieures se prolongeaient à l’extérieur. Or il détient comme toutes les provinces une compétence exclusive en éducation. De plus, le gouvernement fédéral ne s’était jamais intéressé  ou très peu aux pays de la francophonie, contrairement au gouvernement québécois.

Quoiqu’il en soit, le gouvernement fédéral a tout fait pour empêcher le Québec de participer à ladite conférence, histoire de montrer qui était le chef. Sauf que la France, alors dirigée par de Gaulle, ne l’entendait pas de cette oreille. Elle souhaitait mordicus que le gouvernement québécois fût de la partie et insista auprès du Gabon. Résultat : le Québec a finalement pu participer à la conférence malgré l’opposition d’Ottawa.