Pierre Trudeau déclare : « C’est fini les folies »

Un an après son accession surprise à la tête du Parti Libéral du Canada, puis son éclatante victoire aux élections générales subséquentes, Pierre Elliott Trudeau, galvanisé, se retrouve face à un nouvel adversaire politique : le nationalisme québécois.

Après avoir quelque peu tergiversé, Trudeau décide d’attaquer le problème de front. Le 19 octobre 1969, devant plus de 4 000 militants libéraux réunis à Montréal, il passe à l’offensive et s’en prend à un allié objectif du « séparatisme », selon-lui : Radio-Canada.

À la tribune, il disserte sur la « détérioration récente du climat politique et social au Québec », puis il déclare que si la société d’État n’est pas capable de diffuser des « opinions objectives et un peu moins de séparatisme », il mettra « la clé dans la boîte ».

Souhaitant illustrer sa volonté d’en découdre avec la direction de Radio-Canada, il ajoute : « Et je vous le dis, quant à nous et quant à vous, j’espère, ç’a assez duré, les folies depuis quelques années. On veut maintenant travailler ensemble pour faire un pays libre, un pays prospère, et un pays uni. Finies les folies. »

Cette déclaration contre une presse libre et objective précède d’un an son « just watch me », mais elle lève le voile sur la méthode Trudeau qui caractérisera son premier mandat en tant que Premier ministre du Canada.

Pour en savoir plus:

Pierre-Elliott Trudeau, « Autres discours officiels », Société du patrimoine politique du Québec, Archives politiques du Québec, en ligne.