Première campagne de peur contre les souverainistes : le « coup de la Brink’s »

Fondé en 1968, fruit d’une alliance entre des souverainistes de diverses
tendances, le Parti québécois participe à sa première campagne électorale.
Les foules qui accueillent les vedettes de ce jeune parti sont nombreuses
et extrêmement enthousiastes, comme le montrent les images d’archives.
Cette effervescence a certainement fait craindre le pire aux forces du
statu quo de l’époque.

Le coup de la Brink’s marque l’imaginaire des Québécois. Le 26 avril
1970, à 3 jours des élections, 13 véhicules de la Brink’s, une société de
camions blindés, sont photographiés par la presse. Ceux-ci, laisse-t-on
entendre, transportent des titres de Montréal vers Toronto. Cette opération
orchestrée par la Royal Trust Company et le milieu financier montréalais
cherche à faire peur aux Québécois tentés par une formation
politique souverainiste. Il s’agit de faire savoir que les milieux économiques
ne voient pas d’un bon oeil l’élection de députés qui prônent
ouvertement la sécession du Québec. Cette affaire demeurera dans les
mémoires comme l’une des premières tentatives de brandir la menace
économique face au projet souverainiste.

Malgré cette première campagne de peur, le Parti québécois fera élire
7 députés et recueillera 23 % des suffrages. « Vous ne trouvez pas que c’est
une défaite qui a l’air d’une victoire ? » demandera René Lévesque à ses
partisans le soir du 29 avril 1970.

Source :
Une assemblée du Parti Québécois durant l’élection d’avril 1970 (avec Gilles Grégoire, Jacques Parizeau et René Lévesque) https://www.youtube.com/watch?v=K2aK_6Fd6I4
Mario Beaulieu, « Les 40 ans du «coup de la Brink’s» : Les libéraux fédéraux sont coupables », Le Devoir, 29 avril 1970 http://www.ledevoir.com/politique/quebec/287902/les-40-ans-du-coup-de-la-brink-s-les-liberaux-federaux-sont-coupables