Québec va de l’avant avec le Rapport Parent

Le 20 septembre 1967, le Conseil supérieur de l’éducation du Québec adopte intégralement les principales recommandations du rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec, mieux connu d’après le nom de son président, l’éminent jésuite, Alphonse-Marie Parent.

Entre 1963 et 1966, la Commission Parent produit un impressionnant rapport en cinq volumes, dont les recommandations reflètent les valeurs émergentes du Québec de la Révolution tranquille et annoncent des réalisations d’une portée révolutionnaire. L’éducation n’est ainsi plus considérée comme un privilège, mais comme un droit. Le Rapport Parent met donc l’accent sur l’accessibilité : on étend la gratuité scolaire au collégial, on construit de nouvelles écoles dites « polyvalentes », on fait disparaître les collèges classiques élitistes et on crée un ministère de l’Éducation qui engage aussitôt la laïcisation de tout le réseau.

L’accès à l’éducation passe aussi par un régime québécois des prêts et bourses et un meilleur accès à l’éducation offert aux adultes, aux filles, aux autochtones, ainsi qu’aux habitants des régions, notamment en 1967, quand on inaugure un réseau de cégeps sur tout le territoire; un concept unique au monde qui réunit sous un même toit la formation générale et professionnelle. La création du réseau de l’Université du Québec, en 1969, s’inscrit aussi dans la foulée du Rapport Parent.

De tous les objectifs de la Révolution tranquille, c’est celui de rattraper le niveau de scolarisation de l’Ontario et du reste du continent nord-américain qui a été le plus complètement atteint selon l’économiste Pierre Fortin. Pas étonnant que le Rapport Parent soit ainsi devenu le symbole de toute une époque.

Pour en savoir plus :

Claude Corbo, Le Rapport Parent, 1963-2003 : Une tranquille révolution scolaire?, Montréal, L’Association québécoise d’histoire politique, 2004, 281 p.

Andrée Dufour, Histoire de l’éducation au Québec, Montréal, Boréal, 1997, 123 p.