Reconnaissance des nations amérindiennes par le gouvernement de René Lévesque

20 mars 1985

Avant de quitter la scène politique, le premier ministre René Lévesque propose à l’Assemblée nationale une motion qui reconnaît formellement l’existence des dix nations amérindiennes. Ce geste d’ouverture et d’amitié va bien au-delà d’une entente de gré à gré qui vise l’exploitation de territoires traditionnels de chasse ou de pêche (ex. Convention de la Baie-James de 1975 ou Paix des braves de 2002). Par cette motion, les élus québécois entendaient reconnaître des droits fondamentaux des peuples amérindiens, comme le « droit à l’autonomie au sein du Québec », le droit « à leur culture, leur langue, leurs traditions », le droit « de chasser, pêcher, piéger, récolter et participer à la gestion des ressources fauniques », ainsi que le droit « de participer au développement économique du Québec et d’en bénéficier ». Sans remettre en cause le principe d’intégrité du territoire québécois, il s’agissait de considérer ces peuples autochtones non comme des enfants à surveiller ou à protéger d’eux-mêmes (ex. Loi des Indiens, 1876) mais comme des partenaires à part entière, avec il devenait essentiel de s’entendre pour développer le Québec dans l’intérêt de tous.

Source :
Stéphane Savard, « Les communautés autochtones du Québec et le développement hydroélectrique. Un rapport de force avec l’État, de 1944 à aujourd’hui », Recherches amérindiennes au Québec, Volume 39, Numéro 1–2, 2009, p. 47–60.
https://www.erudit.org/fr/revues/raq/2009-v39-n1-2-n1-2/044996ar/