Révélations accablantes du rapport Keable sur la crise d’Octobre.

De septembre 1977 à janvier 1979, le juge Jean-F. Keable, fort d’un
mandat reçu par le gouvernement de René Lévesque, est chargé de faire
la lumière sur les opérations policières en territoire québécois au début
des années 1970. Sa tâche est très ardue, car la Gendarmerie royale du
Canada, la Sûreté du Québec et le Service de police de la ville de Montréal
refusent de collaborer aux travaux.

Malgré les nombreux obstacles, la Commission rend son rapport de
plus de 450 pages le 6 mars 1981. On y découvre que des membres en vue
du Parti québécois ont été surveillés illégalement et que le mouvement
indépendantiste de gauche a été infiltré par des informateurs et des agents
provocateurs. Parmi les révélations les plus troublantes de la Commission
: le vol de dynamite ; l’incendie d’un garage ; le vol de la liste des
membres du Parti québécois ; de nombreuses perquisitions sans mandat ;
le recrutement d’informateurs par des moyens illégaux ; le prolongement
de la crise d’Octobre par la rédaction de faux communiqués au nom du
Front de libération du Québec.

Le juge Keable écrit : « Considérées dans leur ensemble, ces opérations
policières peuvent être regroupées en deux catégories : celles qui
transgressent la loi, dans sa lettre ou son esprit, et que nous appellerons
“extra-légales”, et celles qui favorisent la transgression des lois, et que
nous désignerons comme “infra-légales”. »

Malgré ces preuves accablantes, aucun dirigeant policier ou politique
ne sera formellement accusé.

 

Pour en savoir plus:

Le rapport du juge Jean F. Keable :
https://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/DepotNumerique_v2/AffichageNotice.aspx?idn=49529

Le mémoire de maîtrise de Dominique Bernard sur les travaux de la commission (UQAM, 2008) :
http://www.archipel.uqam.ca/1092/1/M10390.pdf