Second référendum sur l’indépendance du Québec

Rarement la politique québécoise aura-t-elle autant été affaire de passion. Tout au long de la campagne référendaire, des acteurs des deux camps venus du Québec et d’ailleurs au Canada tentent de faire vibrer les cordes sensibles des Québécoises et des Québécois.

De tous les hommes et toutes les femmes politiques qui font campagne, Lucien Bouchard est celui qui captive le plus les foules. Ancien ambassadeur du Canada en France, ex-ministre fédéral de Brian Mulroney, il incarne la lutte Québec-Canada tant il s’indigne du traitement réservé au Québec au sein de la fédération. Son arrivée dans la campagne fera bouger les lignes des sondages et donnera, un temps, le Oui gagnant.

Il faut dire que les astres sont alignés. Les Québécois ont davantage confiance en eux qu’en 1980. Avec l’échec de Meech puis de Charlottetown, ils sont indignés de s’être fait dire deux fois «Non» par le Canada, mais aussi par les Canadiens. De plus, la stratégie employée par le fédéral en 1980 est neutralisée, car la souveraineté n’est plus conditionnelle à une négociation avec Ottawa. Le camp du Non est face à un dilemme : si trop de politiciens du Canada anglais viennent faire campagne, ils risquent de brusquer les Québécois. Il y aura néanmoins, à la veille du vote, un débarquement massif de Canadiens anglais venus supplier les Québécois de ne pas quitter la fédération.

Au final, avec une participation de 93 %, un record, le Non l’emporte par 54 288 voix, une marge de moins d’un pour cent.

Pour en savoir plus :

Pierre Duchesne, Jacques Parizeau – Tome III. Le Régent – 1985-1995, Québec Amérique, 2004, 608 p.

Chantal Hébert et Jean Lapierre, Confessions post-référendaires, Les éditions de l’Homme, 2014, 285 p.